Empreinte carbone de l’eau en entreprise : comment la réduire ?

Réduire l’empreinte carbone liée à l’eau en entreprise passe avant tout par un constat chiffré : remplacer les bouteilles plastiques par une fontaine à eau raccordée au réseau permet de diviser les émissions de CO2 par plusieurs facteurs, tout en se mettant en conformité avec la loi AGEC.

Mais au-delà du simple remplacement d’équipement, c’est surtout la capacité à mesurer, suivre et valoriser cette réduction qui transforme un geste écologique isolé en véritable levier de bilan carbone d’entreprise.

Dans cet article, nous détaillons l’ampleur réelle de cet impact carbone, la manière de le calculer et de le suivre dans le temps, ainsi que la façon d’intégrer cette démarche dans une stratégie RSE cohérente et conforme à la réglementation. Pour les solutions pratiques de mise en œuvre au quotidien (fontaines, gourdes, sensibilisation des équipes), retrouvez notre guide complet sur la suppression du plastique au bureau.

 

Pourquoi l’eau pèse-t-elle autant dans le bilan carbone d’une entreprise ?

On pense rarement à l’eau quand on évoque la stratégie carbone d’une entreprise, et pourtant ce poste est loin d’être anecdotique, particulièrement dans les bureaux où l’hydratation des salariés repose encore largement sur la bouteille plastique.

Le poids carbone des bouteilles plastiques

La fabrication d’une bouteille plastique mobilise des ressources fossiles à chaque étape : extraction du pétrole, raffinage, polymérisation, puis mise en forme.

Chacune de ces étapes est énergivore et dépend largement d’une énergie d’origine fossile. Selon les estimations, une bouteille d’1,5 litre représente une empreinte carbone comprise entre 44 et 633 grammes de CO2 selon les méthodes de calcul et le mode de transport.

À l’échelle d’une entreprise, l’addition grimpe vite. Si l’on considère qu’un salarié boit en moyenne 1,5 litre d’eau par jour, cela représente plus de 300 litres consommés chaque année dans les locaux, multiplié par le nombre de collaborateurs. Pour une structure de 50 personnes, cela peut représenter plusieurs tonnes d’équivalent CO2 sur l’année, sans compter le transport, le stockage et la gestion des déchets associés.

Un problème de recyclage qui aggrave le bilan

Chaque jour, les Français consomment environ 25 millions de bouteilles en plastique, et seulement 60 % des 9,3 milliards de bouteilles vendues chaque année en France sont effectivement recyclées. Le reste finit en décharge, incinéré, ou pire, dans les écosystèmes naturels. Une bouteille plastique met environ 450 ans à se désintégrer complètement, libérant au fil du temps des microplastiques qui se retrouvent dans l’eau, l’air et, in fine, dans l’organisme humain.

Ce constat dépasse la seule question écologique : il interroge directement la responsabilité des entreprises dans leur consommation quotidienne, et la manière dont elles peuvent agir à leur échelle.

 

Eau et qualité

 

Quels leviers concrets pour réduire l’empreinte carbone liée à l’eau ?

Plusieurs solutions existent, avec des niveaux d’efficacité et de contraintes différents. Nous les détaillons en profondeur dans notre article dédié à la suppression du plastique au bureau. Voici un résumé des plus efficaces du point de vue strictement carbone.

1. Installer une fontaine à eau raccordée au réseau

C’est le levier le plus efficace et le plus simple à mettre en œuvre. Une fontaine à eau filtrante, raccordée directement au réseau d’eau potable, supprime l’intégralité du cycle plastique : plus de fabrication de bouteilles, plus de transport depuis l’usine d’embouteillage, plus de stockage de palettes, plus de déchets à gérer.

Selon une analyse de cycle de vie (ACV) réalisée par Quantis en 2023, une fontaine microfiltrée sur réseau génère environ 9 fois moins d’émissions de gaz à effet de serre qu’une eau en bouteille plastique équivalente. Les fontaines filtrantes les plus performantes affichent même une réduction de l’ordre de 72 % par rapport à une fontaine à bonbonnes, qui nécessite elle-même transport et logistique de livraison. Pour faire le bon choix entre les deux technologies, notre page fontaine réseau ou bonbonne à eau détaille les critères de décision.

L’autre avantage, souvent sous-estimé, c’est la durée de vie du matériel : une fontaine professionnelle bien entretenue peut fonctionner pendant 10 ans en moyenne, ce qui dilue encore davantage son impact carbone de fabrication sur le long terme.

2. Privilégier la location plutôt que l’achat

Pour les entreprises et les établissements recevant du public (ERP), la location de fontaine à eau présente un double avantage. D’un point de vue économique, elle évite l’investissement initial et inclut généralement la maintenance, le changement de filtres et le suivi sanitaire. D’un point de vue environnemental, elle s’inscrit dans une logique d’économie circulaire : le même appareil, reconditionné et réaffecté à un nouvel utilisateur, voit sa durée de vie globale prolongée, ce qui réduit la production de nouvel équipement et donc les émissions associées à sa fabrication.

3. Encourager les contenants réutilisables

Fournir une gourde ou bouteille réutilisable (inox ou verre) à chaque collaborateur reste un geste simple, mais à fort impact symbolique et pratique. Couplée à une fontaine, elle permet de fixer durablement un nouveau réflexe d’hydratation, sans aucun contenant à usage unique. Pour les événements professionnels ou les salles de réunion, des carafes ou bouteilles en verre réutilisables peuvent également remplacer les packs d’eau plate habituellement commandés.

4. Sensibiliser les équipes en interne

Aucune solution matérielle ne fonctionne durablement sans adhésion des collaborateurs. Une communication interne claire sur les enjeux (pourquoi remplacer les bouteilles, quel est l’impact réel, quels gestes adopter) accélère l’adoption et ancre la démarche dans la culture d’entreprise. Notre guide étape par étape pour une transition zéro plastique détaille la méthode à suivre, de l’audit initial à l’accompagnement du changement.

 

Comparatif des solutions d’hydratation en entreprise

Solution Empreinte carbone Logistique Coût à long terme Conformité AGEC
Bouteilles plastiques individuelles Élevée Commande, stockage, gestion des déchets Coût récurrent élevé Non conforme (distribution gratuite interdite)
Fontaine à bonbonnes Modérée Livraison régulière des bonbonnes Coût modéré Conforme
Fontaine à eau sur réseau (filtrante) Faible Aucune livraison, maintenance planifiée Coût maîtrisé, amorti sur la durée Conforme
Bouteilles en verre réutilisables Modérée à faible Collecte et nettoyage des contenants Coût modéré Conforme

La fontaine à eau sur réseau ressort comme la solution la plus équilibrée, à la fois sur le plan environnemental, logistique et financier.

 

 

Comment mesurer concrètement la réduction d’empreinte carbone obtenue ?

Mettre en place une fontaine à eau ne suffit pas à elle seule à valoriser une démarche RSE : il faut être capable de chiffrer le gain obtenu, pour le présenter en interne, dans un rapport RSE ou auprès de partenaires et clients.

Estimer le nombre de bouteilles évitées

Le calcul repose sur trois données simples : le nombre de collaborateurs, leur consommation moyenne d’eau par jour (environ 1,5 litre) et le nombre de jours travaillés par an. Pour une entreprise de 50 salariés sur 220 jours ouvrés, cela représente environ 16 500 litres d’eau consommés annuellement, soit l’équivalent de 11 000 bouteilles de 1,5 litre si cette eau était achetée en bouteille plastique.

Convertir ce volume en équivalent CO2 évité

En appliquant une fourchette de 44 à 633 grammes de CO2 par bouteille évitée (selon les méthodes de calcul existantes), cette même entreprise de 50 salariés peut estimer avoir évité entre 480 kg et plus de 6 tonnes d’équivalent CO2 par an, simplement en supprimant les bouteilles plastiques au profit d’une fontaine à eau sur réseau.

Intégrer ce calcul dans le bilan carbone global de l’entreprise

Pour aller plus loin, certaines entreprises font réaliser un bilan carbone complet de leurs activités, qui couvre l’ensemble des postes d’émissions (transport, énergie des locaux, achats, déplacements professionnels) et permet de situer la part réelle de l’eau dans la trajectoire globale de réduction. Cette mise en perspective évite de surestimer ou de sous-estimer l’impact d’un changement d’équipement isolé, et aide à prioriser les actions suivantes.

 

Réduire l’empreinte carbone de l’eau : une obligation réglementaire autant qu’un choix RSE

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2021, la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (loi AGEC) interdit la distribution gratuite de bouteilles en plastique dans les établissements recevant du public et les locaux professionnels. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2022, tout ERP pouvant accueillir plus de 300 personnes simultanément (salariés, visiteurs et clients confondus) a l’obligation d’installer au moins une fontaine à eau potable raccordée au réseau, avec une signalétique visible et un accès libre et gratuit. Ce nombre augmente d’une fontaine supplémentaire par tranche de 300 personnes additionnelles. Le détail de ces obligations légales selon votre secteur est précisé sur notre page dédiée.

Pour les entreprises, cette obligation réglementaire est aussi l’occasion de structurer une démarche RSE visible et mesurable, en cohérence avec les engagements durables portés par Locafontaine depuis sa création en 2009. Supprimer les bouteilles plastiques constitue généralement la première étape concrète d’un plan d’action environnemental : elle est immédiatement perceptible par les collaborateurs, les visiteurs et les clients, et elle s’inscrit dans une trajectoire plus large de réduction du bilan carbone global de l’entreprise (transport, énergie, achats, etc.).

 

utilisation d'une fontaine à eau entreprise

 

FAQ : empreinte carbone et eau en entreprise

1. Une fontaine à eau consomme-t-elle beaucoup d’électricité ?

Une fontaine à eau réfrigérée fonctionne grâce à un système de refroidissement et, parfois, de chauffage. Sa consommation électrique reste cependant largement inférieure à l’impact carbone évité par la suppression des bouteilles plastiques (fabrication et transport).

2. Quelle est la différence entre une fontaine à bonbonne et une fontaine sur réseau ?

La fontaine à bonbonne nécessite une livraison régulière d’eau de source en contenants, avec une logistique de transport associée. La fontaine sur réseau filtre directement l’eau du robinet, sans aucune livraison, ce qui réduit davantage son empreinte carbone.

3. Mon entreprise est-elle concernée par la loi AGEC ?

Toute entreprise ou ERP accueillant plus de 300 personnes simultanément doit proposer un accès gratuit à l’eau potable via une fontaine raccordée au réseau. Les entreprises de taille plus restreinte ne sont pas légalement contraintes, mais peuvent s’inscrire volontairement dans cette démarche.

4. La fontaine à eau filtrée garantit-elle une eau de qualité ?

Oui. Les systèmes de microfiltration modernes éliminent le chlore, le calcaire et certains résidus présents dans l’eau du réseau, tout en conservant les minéraux essentiels, pour une eau au goût neutre et constant.

5. Faut-il faire un bilan carbone complet pour valoriser cette démarche ?

Ce n’est pas obligatoire pour une PME, mais c’est recommandé si l’entreprise souhaite intégrer la réduction liée à l’eau dans une trajectoire RSE globale et la comparer aux autres postes d’émissions (énergie, transport, achats).

 

Conclusion

Réduire l’empreinte carbone liée à l’eau en entreprise n’est ni complexe, ni coûteux : c’est avant tout une question de choix d’équipement et d’organisation. En remplaçant les bouteilles plastiques par une fontaine à eau raccordée au réseau, en misant sur la location plutôt que l’achat et en accompagnant ce changement par la sensibilisation des équipes, chaque entreprise peut réduire significativement son impact environnemental tout en se conformant aux exigences de la loi AGEC.

Vous souhaitez équiper vos locaux d’une solution d’hydratation durable et conforme à la réglementation ?

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